III/ Du rêve à la réalité

Si il y a bien une raison pour laquelle les immigrants ont décidé de quitter leur pays d'origine pour l'Amérique, c'est celle d'obtenir une vie meilleure. Le choix des États-Unis n'est évidemment pas anodin puisque l'espoir d'acquérir un quotidien qualitativement supérieur est – majoritairement – nourri par le mythe du rêve américain.

 

Le rêve américain regroupe plusieurs grandes idées. Parmi elles, celle de pouvoir faire fortune uniquement grâce au travail et au mérite et ce peu importe la personne, du moment qu'elle soit citoyenne américaine. Réussir à partir de rien, c'est la principale motivation de nombre d'immigrants. Il n'y a cependant pas que celle-ci. Une autre : la liberté, notamment de culte. Beaucoup d'immigrants sont partis en Amérique à cause de persécutions qu'ils avaient subis dans leur pays d'origine à cause de leur religion et/ou idéologies. Ainsi, on pourrait même qualifier ce American Dream comme, en fait, la recherche du bonheur.

 

Margaret McCarthy, une jeune immigrée irlandaise vivant à New-York depuis un an décrit dans une lettre à sa famille à quel point elle est contente de vivre en Amérique. Elle affirme ne pas regretter son choix, bien au contraire, mais conseille cependant au reste de sa famille qui devrait normalement bientôt la rejoindre de prendre avec eux un peu d'argent de côté : le travail se voit en fait raréfié et les salaires réduits à cause du flot continu d'immigrants agglutinés à New-York car n'ayant pas d'argent pour partir.

 

Et c'est là que l'on constate un certain revers de fortune. Si de nombreux immigrants, à l'instar de Margaret McCarthy, sont tout à fait satisfaits de leur nouvelle condition, d'autres n'auront pas cette chance. Margaret McCarthy en a d'ailleurs beaucoup car, parmi ces autres, ce sont les immigrés irlandais qui sont le plus touchés.

Ce sont effectivement eux qui vont le plus subir les problèmes d'intégration et de pauvreté – pourtant pouvant être relatifs aux immigrants de n'importe quelle origine. Les Irlandais miséreux vivaient dans les sous-sols, dans ces caves où dans des appartements d'une seule pièce privée de lumière naturelle et de ventilation, et souvent inondés par les égouts. Le choléra, la fièvre jaune, le typhus, la tuberculose et la pneumonie y étaient particulièrement répandus. En outre, les immigrés irlandais sombraient souvent dans des maladies mentales, fréquemment compliquées par l'alcoolisme. Ils étaient admis en nombre disproportionné dans les maisons des plus démunis et les hospices et ils figuraient en tête de liste des registres de police relatifs aux arrestations et aux peines de prison, en particulier pour trouble de l'ordre public. À New-York en 1859, par exemple, 55% de toutes les personnes arrêtées étaient d'origine irlandaise. Les immigrés irlandais étaient essentiellement des travailleurs non qualifiés, prêts à travailler pour un salaire de misère et souvent embauchés pour remplacer des ouvriers en grève et briser ainsi les mouvements sociaux.

 

 

« Sur une carte de New-York coloriée par nationalité, il y aurait plus de rayures que sur la peau d'un zèbre et plus de couleurs que dans un arc-en-ciel. »
Jacob Riis, 1890.

 

 

L'immigration, aussi forte, entraînera inévitablement des conséquences dans divers domaines.

Par exemple, démographiquement et économiquement en quelques dates :

  • 1840 : L'Irlande est frappée par la Grande famine qui va durer quatre ans et va entraîner une vague d'un million d'immigrants irlandais vers New-York.

  • 1848 : Révolution ratée en Allemagne. Entre 80% des immigrants seront Allemands ou Irlandais de 1840 à 1870. Les premiers fondent Kleine Deutschland dans le Lower East Side tandis que les autres se retrouvent vers Chelsea, Greenwich ou Hell's Kitchen.

  • 1892 : Ouverture de Ellis Island pour trier les nouveaux arrivants et ainsi contrôler la (trop grande) vague d'immigration. La loi impose aux compagnies maritimes certaines normes de sécurité et d'hygiène. New-York et son port deviennent la plaque tournante du commerce mondial.

  • 1898 : Regroupement des cinq districts : Brooklyn, Manhattan, Staten Island, Queens et le Bronx, soit 3500000 habitants.

 

À New-York, les Allemands abandonnent le Lower East Side où il s'étaient originellement installés aux Juifs qui sont de plus en plus nombreux. Ils vont rejoindre Brooklyn.

Les Italiens créent une enclave, Little Italy, tandis que les Chinois de Canton, venus pour les chemins de fer, n'ont encore qu'une toute petite partie de ce quartier.

 

New-York va devenir et rester la plus grande ville juive au monde. C'est en effet la communauté s'adaptant le mieux à cette nouvelle vie citadine, y étant plus habituée, notamment grâce à leurs connaissances concernant les petits commerces et les métiers du textile.

En 1922, 40% des emplois à New-York sont dans l'industrie du textile, sûrement de par la grande présence des Juifs.

 

  • 1920 : 5600000 habitants.

  • 1924 : Le flux d'immigrants se ferme petit à petit.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×