a. Ellis Island

*Beaucoup d’obstacles sont présents pour émigrer en Amérique. On pourra étudier le voyage et l’arrivée à Ellis Island à travers un film « America, America » d’Elia Kazan.

*Film basé sur des faits réels

In 1886, Stavros and his Armenian friend Vartan who suffer from the Turkish oppression, think of immigrating into America. After the death of Vartan, Stavros leaves his native village. His father sends him at a cousin's of Constantinople to prepare the installation of the family. During the journey, Stavros is robbed of all the property which his father had confided him. He earns his living by working as docker on the port and let him take on board in an anarchistic plot repressed by the police. On the point to marry the girl of a rich carpet salesman, he breaks his engagement and with hundred and ten pounds of dowry proposed by the father, Stavros buys a ticket for the boat. Among the passengers, he finds Hoannes, whom he formerly knew in Anatolia, engaged as shoeshine boy by a rich American. Then he becomes the lover of Sophia Kebakian, the woman of an Armenian emigrant who threatens to make him send back in Turkey when he discovers his misfortune. In the natural harbour of New York, Hohannes, in the grip of violent coughing fits, commits suicide. Stavros takes then his place in the team of the shoeshine boys...

*A la base les immigrés fuient leur pays pour éviter les situations dramatiques comme la guerre, dans ce film c’est pour fuir un pays ou les grecs et les arméniens sont persécutés par les turcs.

*De plus, ils arrivent principalement par bateau et les conditions de voyage sont déplorables surtout pour les personnes pauvres.

La traversée est longue car elle dure environ 3 semaines à la fin du 19 é siècle.

Les 3é classe c'est-à-dire la plupart des migrants étaient réunis à fond de cale dans d’immenses dortoirs sans fenêtres où pouvaient s’entasser jusqu’à 2000 passagers.

 

L’arrivée à Ellis Island :

*Après une longue traversée, les passagers devaient passer les formalités d’immigration. C’est à partir de 1892, qu’elles sont faites à Ellis Island où les services du Bureau fédéral de l’immigration avaient installé leur centre d’accueil.

*Ellis Island a ouvert ses portes pour remplacer des installations de Castel Garden qui étaient devenues trop petites. Cette ouverture correspond à la grande vague migratoire de la fin du XIX siècle.

L’entrée des immigrants était libre jusqu’en 1875 où le Congrès définit une politique d’immigration. Les Etats-Unis veulent contrôler l’entrée des étrangers sur leur territoire.

*Les personnes considérées comme instables sont :

-           Les prostituées et les condamnés (votés en 1875)

-           Les personnes souffrantes de troubles ou de retard mentaux, les infirmes (1882)

-           Les Chinois (1882)

-           Les polygames et les porteurs de maladies contagieuses (1893)

-           Les anarchistes (1901)

-           Les enfants de moins de 16 ans non accompagnés de leur parents (pour lutter contre le travaille des mineurs) -> 1907

Les agents de l’immigration d’Ellis Island et de S-F sont chargés de repérer les indésirables, en soumettant les passagers qui débarquaient des bateaux, à un questionnaire et une inspection médicales. En 1910, 2.4% des candidats à l’immigration sont refusés sur un totale 1 million de personnes. Les frontières Américaines sont largement ouvertes aux personnes aptes à travailler. Entre 1892 et 1910, il n’y a qu’1% de réfugiés à Ellis Island, en revanche, à Angel Island (San Francisco) le chiffre est de 10%.

Ce fort pourcentage est du à la restriction de l’entrée des Chinois et des Japonais en 1924. Ils sont refoulés en raison de leur nationalités, plus exactement parce qu’ils sont Asiatiques à une époque ou la crainte du péril jaune est importante. Ils sont souvent victimes de racisme.

*De 1892 à 1924, il y’eut 3000 suicides sur Ellis Island. On peut supposer qu’il s’agissait d’émigrants refoulés.

*Tout le monde ne passait pas par Ellis Island : Seuls les passagers de 3é classes sont concernés. Les passagers de 2nd classe et 1ère classes sont contrôlés à bord par un officier d’état civil et un médecin. 2% seulement d’émigrants furent refoulés d’Ellis Island de 1892 à 1924 ce qui représente quand même 250.000 personnes. Entre ces dates environ 10.000 personnes passaient chaque jour à Ellis Island.

 

*La visite commence par la salle des bagages (Baggage Room) qui constitue le hall d’entrée.

Les nouveaux arrivants devaient y laisser malles et bagages avant d’accomplir les formalités administratives.

Les formalités d’immigration ne prennent en général que quelques minutes, vu le nombre de personnes à enregistrer en une seule journée.

Ils devaient ensuite prendre les escaliers pour se rendre à la Salle d’enregistrement (Registry Room), construite comme une salle à bestiaux et également appelée « les six secondes physiques ». Des médecins, postés en haut des marches, faisaient un premier diagnostic en observant comment les immigrants montaient les marches. Ils signalaient ceux qui méritaient un contrôle en inscrivant à la craie sur les vêtements la lettre E (Eyes) pour les yeux, H (Heart) pour le cœur, L (Lungs) pour les poumons et X pour les déficiences mentales. Ceux qui échappaient à la visite pouvaient directement accomplir les formalités d’entrées sur le territoire.

Après l’inspection médicale, les immigrants passaient devant un interprète et un inspecteur.

Il décidait en quelques minutes si l’émigrant avait le droit d’entrer aux Etats –Unis, après lui avoir posé une série de 29 questions (leur nom, leur métier, la quantité d'argent qu'ils avaient sur eux,…).

Lorsque l’inspecteur trouvait le nom trop étranger il leur proposait un nom américanisé. (ex : dans le film America America, l’inspecteur propose un nom américanisé à Stravos).

*L’escalier de Séparation (Stairway of Separation) servait d’aiguillage final. Les 98 % personnes admises pouvaient se rendre à un bureau de change et au guichet des ferry-boats pour New Jersey ou Manhattan. Les exclus prenaient le couloir central qui les conduisait vers les dortoirs ou l’hôpital. Le système refoulera environ 250.000 personnes qui devaient embarquer sur les navires en partance. Nombreux ne savaient pas ce qui les attendait. Les rues de New York n’étaient pas pavées d’or et ils comprenaient que c’était pour qu’ils les pavent qu’on les avait fait venir.

*Les registres individuels comportaient généralement les renseignements suivants : nom et prénoms du passager, nom du navire, port de départ, port d’arrivée et date d’arrivée. Pouvaient également être mentionnés le sexe, la situation de famille, la nationalité, des parents ou des amis en dehors des Etats-Unis, des parents aux Etats-Unis, la date et le lieu exact de naissance. (Le nombre de colonnes de renseignement passera de 15 colonnes les premières années à 36 dans les dernières. Les ports de départ  les plus souvent mentionnés étaient situés dans les pays suivants : Italie, Autriche, Hongrie, Russie, Finlande, Angleterre, Irlande, Ecosse, Canada, Terre-neuve, Allemagne et Pologne.) 

==> Située au nord de Liberty Island, Ellis Island porte le nom de celui qui était son propriétaire (Samuel Ellis) au moment de la guerre d’indépendance. Le gouvernement y construira un port spécial pour accueillir les immigrants en 1892, afin de remplacer Fort Clinton (Battery Park) devenu inadapté.

Voici le témoignage d’un journaliste français :

« L’île d’Ellis est l’endroit où le gouvernement américain reçoit la première visite des émigrants: c’est l’antichambre de la Terre Promise.

On a bâti, sur une île minuscule, située au milieu de la baie de New York, une construction en briques et en fer qui, de loin, a l’air d’un grand casino. Je me tenais, par un clair matin de juin, devant la passerelle du débarcadère par où allaient défiler les émigrants. Le navire accosta, et le défilé commença. Italiens du Nord et du Sud, Slovaques, Russes, Hollandais, Arméniens, Juifs, Allemands, Roumains, Hongrois, Grecs, Monténégrins, des jeunes gens, des vieillards, des enfants, des femmes ; des allures fortes, décidées, des silhouettes fatiguées, énergies déjà aux trois quart abattues, des airs ouverts, souriants, braves, des regards timides, fuyants, des dos qui saluent sans raison, des tailles qui se redressent, et des moustaches provocantes. Tous ces gens sont encombrés de paquets mal ficelés, de caissetins sans couvercles, de valises bondées, à demi ouvertes, de ballots éventrés, de nippes et de couvertures, de cartons défoncés, de faisceaux d’ustensiles, de parapluies, de paniers , de boites, de cabas, d’étuis à violons, à mandoline, à guitare, de mouchoirs à carreaux enveloppant du linge ou des vêtements, des sacs en serpillère qu’ils portent à la main, sur leur dos ou sur leur tête. […]

Tout le monde est canalisé vers un hall immense où un premier tirage se fera. Ils sont là, 3000, chacun un papier vert à la main et un numéro épinglé à la poitrine : bêtes marquées pour le sacrifice, troupeau ahuri, effaré et docile, qui obéit au moindre geste des officiers en dolman orné de ganse noire. On les bouscule, on les presse, ils n’opposent aucune résistance, ne disent pas un mot de protestation, comme endormis, hébétés par les quinze jours de mer, l’imprévu de cette organisation, de ces formalités, et surtout, sans doute, par l’inconnu qu’ils sentent gronder là, tout près d’eux, derrière ces barrières qui se dressent encore entre eux et leur définitive liberté. […]

La première formalité à remplir est celle de la visite des médecins. On place les arrivants à la queue-leu-leu, et on les dirige vers un grand hall divisé dans toute sa longueur par des barrières et des grillages. Quand ils se présentent à l’entrée de la salle, deux médecins inspecteurs en uniforme, dolmans noirs et boutons de cuivre, les reçoivent et très vite les dévisagent. Un leur dit : « Regardez-moi bien en face ! Les gens obéissent comme des hypnotisés, demeurent immobiles tandis que le médecin leur retourne prestement la paupière pour s’assurer qu’ils n’ont pas le trachome, maladie contagieuse des yeux, leur fait ouvrir la bouche, dont ils vérifient la santé des muqueuses, se plongent les mains dans une bassine d’eau mélangée de sublimée et passe au niveau suivant. Tout cela demande moins de temps que je n’en ai mis à vous le dire. […] Lorsque les immigrants ont subi l’examen médical, ils arrivent groupés par nationalité devant des inspecteurs chargés de les interroger dans la langue de leur pays sur leur état civil, leur passé, leur moyen d’existence, leurs relations aux États-Unis et leurs projets. »

Jules Huret, journaliste français, En Amérique. Tome 2, De San Francisco au Canada, Paris, 1909 


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